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Messe en hommage à Pétain : 5.000 euros d'amende pour l'organisateur, jugé coupable de "contestation publique de crime contre l'humanité"

En novembre dernier, une messe en hommage au maréchal Pétain était organisée à Verdun, dans la Meuse. L'organisateur a écopé mercredi d'une peine de 5.000 euros d'amende pour "contestation publique de crime contre l'humanité", à la suite de propos tenus en marge de cette cérémonie. Âgé de 85 ans, il avait soutenu devant témoins que le chef du régime de Vichy avait sauvé "au moins 700.000 juifs".

Un octogénaire a été condamné mercredi 20 mai à 5.000 euros d'amende pour "contestation publique de crime contre l'humanité". En novembre dernier, cet homme avait organisé une messe "en hommage au maréchal Pétain" à Verdun (Meuse) à l'issue de laquelle il avait affirmé que le chef du régime de Vichy avait "sauvé" des juifs.

Jacques Boncompain, 85 ans, président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), était poursuivi pour des propos tenus le 15 novembre, devant de nombreux journalistes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pétain "a sauvé, devant témoins je peux le dire, au moins 700.000 juifs", avait ainsi déclaré l'octogénaire, selon une vidéo mise en ligne par le journal L'Est républicain.

L'homme ne sait pas encore s'il va faire appel

Les propos tenus par ce retraité constituent une "minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah", a estimé le tribunal, condamnant M. Boncompain pour cette déclaration. En plus des 5.000 euros d'amende et dans un souci de "pédagogie et de prévention de la récidive", l'intégralité de la décision sera affichée dans le tribunal pour une durée de deux mois, a indiqué la présidente, qui en a lu les motivations en audience publique.

À la suite de l'énoncé du jugement, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) et l'Observatoire juif de France se sont félicités d'une décision "exemplaire" alliant "fermeté et pédagogie". Les deux organisations ont salué une justice française qui, "même quatre-vingts ans après la fin de la Shoah, ne faiblit pas contre ceux qui nient ou qui minorent la Shoah". Interrogé par l'AFP, l'avocat de la Ligue des droits de l'Homme Me Pierre Brunisso a évoqué une "condamnation importante". L'Histoire, a-t-il assuré, "ne peut pas être falsifiée afin de rendre les idées de l'extrême droite acceptables".

Il faut noter que M. Boncompain a été relaxé partiellement pour une autre phrase prononcée le même jour à Verdun, dans laquelle il déclarait que Pétain était "le premier résistant de France". Le tribunal n'a pas pu, sur la base des éléments fournis - notamment une vidéo compilant plusieurs propos du prévenu devant l'église - déceler à quel moment cette phrase a été dite, ce qui a empêché de caractériser l'infraction.

L'octogénaire n'était pas présent à l'énoncé du délibéré, ni son avocat. Il a toutefois déclaré à l'AFP par téléphone avoir été condamné "sur des avis qui relèvent de la liberté d'expression", et n'a pas encore décidé s'il ferait appel ou non, souhaitant d'abord en parler avec son conseil.

Rappelons que lors de l'audience qui s'est tenue en mars, ni M. Boncompain, ni les deux témoins cités par la défense, n'ont nié ou contesté les propos litigieux. Ils les ont au contraire justifiés, citant quatre historiens soutenant la thèse minoritaire selon laquelle Philippe Pétain aurait "protégé les juifs français". Une vision pourtant dénuée de tout fondement, selon de nombreux autres historiens.

Source : Tf1info.fr